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Titre:

Informations sur le passeport biologique

Date:

21.12.2007

Description:

Qu’est-ce que le passeport biologique ?

 

Le passeport biologique est un document électronique et individuel, dans lequel tous les résultats des contrôles antidopage effectués sur un coureur sont consignés. Le passeport contiendra :

•     les résultats des contrôles urinaires,

•     les résultats des contrôles sanguins,

•     un profil hématologique fondé sur les résultats des analyses des paramètres hématologiques réalisées avec les échantillons de sang prélevés,

•     un profil stéroïdien fondé sur les résultats des analyses des niveaux de stéroïdes dans les échantillons d’urine prélevés.

 

Quels sont les coureurs qui seront dotés d’un passeport ?

 

En 2008, les coureurs suivants participeront Ă  ce programme :

•     tous les coureurs membres d’un UCI ProTeam,

•     tous les coureurs membres d’une équipe continentale professionnelle UCI titulaire du label wild card,

•     les coureurs de toute autre équipe désignée par un groupe de travail.

 

Quels types de contrôles seront effectués sur les coureurs dans le cadre du passeport biologique ?

 

En 2008, chaque coureur sera soumis Ă  :

•     des contrôles sanguins, dont une majorité sera effectuée hors compétition, liés à l’établissement de leur profil hématologique,

•     des contrôles urinaires, dont une majorité sera effectuée hors compétition, liés à l’établissement de leur profil stéroïdien,

•     des contrôles sanguins complémentaires effectués lors de compétitions déterminées, sans rapport avec l’établissement de leur profil hématologique,

•     d’autres contrôles hors compétition si nécessaires, notamment dans le cadre du programme de contrôles ciblés ou à titre de suivi individuel.

 

Quand les échantillons seront-ils prélevés ?

 

Les échantillons de sang et d’urine pourront être prélevés lors d’une compétition, pendant la période de préparation et d’entraînement ou durant l’intersaison. On pourra exiger des coureurs qu’ils fournissent un échantillon de leur sang ou de leur urine à n’importe quel moment de l’année et n’importe où.

Tous les prélèvements seront effectués par des officiels agréés par l’UCI. Les personnes chargées des prises de sang seront dotées des qualifications nécessaires, contrôlées par l’UCI.

 

Qu’est-ce qu’un profil hématologique ?

 

Il s’agit de l’élément le plus novateur du programme antidopage de l’UCI.

La principale nouveauté réside dans le fait que la somme des contrôles effectués sur chaque coureur permettra d'établir son profil et donc ses limites individuelles. Selon l’approche actuelle, on compare chaque échantillon de sang à une limite valable pour l’ensemble de la population. Les règles d’interdiction de départ sont actuellement fondées sur la limite applicable à l’ensemble de la population. Grâce à la nouvelle approche, chaque échantillon sera comparé à la valeur hématologique individuelle « normale » du coureur concerné. Toute variation significative par rapport à cette valeur individuelle pourra donc être considérée comme anormale (révélatrice d’une manipulation sanguine) et évaluée en conséquence.

Cette approche repose sur le concept de la détection « indirecte ». Les experts ne constateront pas à proprement parler la présence d’une substance interdite dans l’échantillon, mais ils compareront les paramètres du nouvel échantillon à ceux des échantillons précédents. De la sorte, ils seront en mesure d’identifier toute variation indiquant que le sang pourrait avoir subi une manipulation. Il est impossible pour un coureur de maintenir un profil constant s’il manipule son sang pour améliorer sa performance et/ou pour éviter d’être découvert lors d’un contrôle antidopage.

L’établissement du profil hématologique a été le principal résultat de la Rencontre internationale contre le dopage dans le cyclisme, organisé à Paris par le Ministère français de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, l’UCI et l’Agence Mondiale Antidopage (AMA), les 22 et 23 octobre 2007, lors duquel le concept de passeport biologique a été présenté et discuté. Le concept de passeport biologique présenté par l’UCI inclut le profil hématologique, le profil stéroïdien et des contrôles antidopage individuels.

 

Comment les échantillons recueillis pour le profil hématologique seront-ils analysés ?

 

Les échantillons de sang seront analysés et les résultats examinés en trois étapes :

1.  Chaque échantillon sera analysé par un laboratoire accrédité par l’AMA ou l’UCI et disposant du matériel et des compétences requises. Pour l’instant, cinq laboratoires ont été sélectionnés par l’UCI. Tous sont accrédités par le Centre Suisse de Contrôle de la Qualité.

Il faut relever que les mesures effectuées dans le cadre du passeport biologique (hémoglobine, hémoglobine plasmatique libre, réticulocytes, index de stimulation, hématocrite) ne présentent pas de difficulté technique particulière.

2. Le modèle statistique développé par le Laboratoire de Lausanne sera appliqué aux résultats des analyses pour déterminer quels profils sanguins peuvent être considérés comme anormaux.

3.  Les profils sanguins anormaux seront ensuite soumis à l’interprétation d’un groupe d’experts scientifiques indépendants, qui recommanderont à l’UCI les actions à entreprendre.

 

Le profil hématologique peut-il être utilisé à des fins disciplinaires ?

 

Oui. Le profil hématologique constitue un nouveau moyen pour identifier les coureurs qui recourent à la manipulation sanguine pour améliorer leur performance de manière illicite.

L’évaluation scientifique du profil d’un coureur applique des principes semblables à ceux qui sont employés dans les expertises médico-légales pour déterminer si une personne est coupable ou non.

Si les experts recueillent suffisamment de preuves démontrant la culpabilité d’un coureur avec un certain degré de certitude, ils recommanderont à l’UCI d’engager une procédure disciplinaire pour violation du règlement antidopage. Il est prévu qu’un profil établi sur la base de six analyses soit suffisant pour permettre d’identifier une manipulation du sang. Dans certains cas, le nombre d’analyses requises pour détecter des faits de dopage pourrait être inférieur.

Une telle violation sera basée sur l’article 15.2 du règlement antidopage de l’UCI (« usage ou tentative d’usage d’une substance ou méthode interdite »).

Pour appuyer ce règlement, la Liste des substances et méthodes interdites établie par l’AMA est intégrée au règlement antidopage de l’UCI. La section M1 de la Liste des interdictions stipule que l’amélioration du transfert d’oxygène par dopage sanguin constitue une méthode interdite.

Selon cette règle, le coureur commettant une première infraction de ce type est passible d’une suspension de deux ans.

En outre, si des niveaux anormaux sont détectés chez un coureur, celui-ci sera déclaré inapte et interdit de compétition pour une durée déterminée.

 

Qu’est-ce qu’un profil stéroïdien ?

 

L’établissement d’un profil stéroïdien suit les mêmes principes que celui d’un profil hématologique, excepté le fait que c’est l’urine qui est analysée.

Les échantillons d’urine des coureurs seront recueillis comme d’habitude. En plus de l’analyse des échantillons pour déceler toute substance interdite, les laboratoires accrédités de l’AMA devront fournir une analyse stéroïdienne détaillée pour chaque échantillon.

Une fois qu’un nombre suffisant d’analyses stéroïdiennes aura été effectué, lle même modèle bayésien sera appliqué pour identifier la possibilité d’une amélioration de la performance par l’emploi de stéroïdes endogènes (c’est-à-dire naturels) tels que la testostérone.

Cet aspect du programme est conduit par l’UCI. Le groupe de travail n’y joue aucun rôle.

 

Quelle est l’importance des informations de localisation ?

 

La mise à disposition d’informations de localisation précises et à temps est cruciale pour la réussite de ce programme. Des contrôles inopinés de haute qualité ne sont possibles que si l’on sait où se trouve le coureur.

Les coureurs dotés d’un passeport biologique seront personnellement tenus de fournir leurs informations de localisation tous les trois mois. Ils devront aussi veiller à communiquer à l’avance toute modification à l’UCI. Les coureurs seront encouragés à fournir des informations sur leur localisation les matins précédant leurs entraînements. Cela garantira que les échantillons de sang sont toujours récoltés au même moment, et, encore plus important, avant l’accomplissement d’un effort physique.

Il est fortement conseillé aux coureurs et aux équipes d’employer le système ADAMS (Anti-Doping Administration & Management System) pour communiquer leurs informations de localisation. Gérée par l’AMA, ADAMS est une base de données mondiale qui assure la confidentialité des informations et réduit la répétition inutile du travail. Lorsqu’ils utilisent ADAMS, les coureurs ne sont plus tenus de communiquer leurs informations séparément à leur Fédération ou à leur Organisation Nationale Anti-Dopage (ONAD).

 

Depuis combien de temps l’UCI travaille-t-elle à l’introduction du passeport biologique ?

 

L’UCI collabore avec l’AMA et le Laboratoire de Lausanne depuis avril 2006 pour introduire une approche forensique (s’inspirant des techniques de la médecine légale) pour combattre le dopage. Le développement de ce nouveau modèle a été financé par un fonds de recherche octroyé par l’AMA.

La possibilité de créer et d’utiliser des profils hématologiques et stéroïdiens pour détecter le dopage est le principal résultat de cette recherche. L’UCI sera la première fédération sportive internationale à introduire un programme complet de passeport.

 

Quand le passeport biologique verra-t-il le jour ?

 

Le prélèvement d’échantillons qui seront utilisés pour établir des profils hématologiques et stéroïdiens débutera en janvier 2008.

Le passeport de chaque coureur offrira des informations de plus en plus précises avec chaque nouvelle analyse. Dès le milieu de 2008, la plupart des coureurs devraient avoir subi suffisamment de contrôles pour permettre l’application du modèle statistique bayésien.

 

Quel est le coût du passeport biologique ?

 

Le coût total de la création de passeports pour les coureurs mentionnés s’élèvera à 5,3 millions d’euros en 2008. L’élément le plus coûteux est le profil hématologique, qui coûtera à lui seul quelque 3 millions d’euros par an.

Le coût du programme devrait être réparti entre l’UCI et les principaux intéressés, parmi lesquels les UCI ProTeams, les équipes continentales professionnelles UCI, les organisateurs, les coureurs, l’AMA et le Ministère français de la Santé, de la Jeunesse et des Sports.

 

Le passeport constitue-t-il un tournant dans la lutte antidopage de l’UCI ?

 

Le passeport biologique constitue un grand pas en avant. Il s’inscrit dans la continuité des efforts déjà entrepris par l’UCI pour éliminer le dopage du cyclisme. Depuis 1998, l’UCI fait figure de pionnier dans l’emploi des paramètres hématologiques pour la détection et la prévention des activités de dopage.

La nouveauté de ce programme antidopage réside dans le fait que :

•     il fait appel à des méthodes scientifiques nouvelles de détection indirecte,

•     il emploie des outils statistiques sophistiqués pour l’interprétation des résultats,

•     il est fondé sur une séquence d’analyses pour assurer une plus grande fiabilité.

Une chose est sûre : ce nouveau système permettra d’identifier les coureurs qui emploient des méthodes de dopage sanguin ou des stéroïdes endogènes tels que la testostérone. Dès qu’un coureur sera doté d’un passeport biologique, il lui sera impossible de ne pas être découvert s’il recourt à la manipulation sanguine ou stéroïdienne pour améliorer ses performances.

Le filet se referme sur les tricheurs. Ceux qui recourent au dopage ne s’en échapperont pas.

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